Salman Rushdie traite de «fiottes» des intellectuels s’opposant à la remise d’un prix à «Charlie Hebdo»

Saine colère ? Le célèbre écrivain indien, menacé par une fatwa depuis la sortie des Versets sataniques en 1988, s’en est pris violemment aux six romanciers, dont certains de renom, qui ont décidé de boycotter le gala d’une société littéraire américaine (le PEN) pour protester contre son choix d’attribuer une récompense au magazine satirique français “Charlie Hebdo”. Les auteurs ont notamment expliqué qu’en décidant d’attribuer cette récompense, le PEN allait au-delà de son rôle traditionnel de défense de la liberté d’expression contre la censure gouvernementale. “Un crime horrible a été commis, mais était-ce une question de liberté d’expression pour que PEN America s’immisce là-dedans ?”, s’est ainsi interrogé l’auteur australien Peter Carey. “Si PEN, en tant qu’organisation défendant la liberté d’expression, ne peut pas défendre et célébrer ceux qui ont été assassinés pour des caricatures, alors franchement, cette association est indigne de son nom”, réplique Salman Rushdie. Quant aux écrivains, “j’espère que personne n’en veuille jamais à leur peau”, lâche-t-il. Sur Twitter, il a malgré tout reconnu qu’il n’aurait pas dû reprendre le terme de “pussies”, qui avait, au départ, été utilisé par un autre internaute.

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Kalam/Ghérasim Luca

Ghérasim Luca Ghérasim Luca

A l’état de mante et dans son beau corps de corbeau et de tatou, l’homme hume et allume un pâle tourment nid, nid infini.
Mille tatous tatouages, mille tatouages couvrent d’un beau manteau d’ours et de loup, d’un beau manteau de velours lourd, sa serre, sa cervelle frêle et sauvage, mille tatouages mentaux couvrent son cerveau de vautour :

l’étrange anneau d’une nourriture qui le noue et le mange, l’effroi du ‘ froid et du chaud qui le chasse et l’effrite, la poussière qui le pousse, qui le ronge, qui le hante, l’effort de tourner vite, nu, inné et dément, de tourner inutilement dans un trou qui le songe et partage, et puis il y a l’efficace qui l’épuisé et l’efface devant l’absurde et l’absence de toute essence paire, rixe instable, impaire, impérissable, de toute essence impérissable, sable mouvant, vent, or, or, rage nuancée, le muet et toi, et toi, toile étoilée, sourde-muette» boîte vide, boiteuse, filante, lente et rapide sur l’écran de mon crâne tatoué à l’haleine de ma mère tatouée et tuée à l’intérieur de mon dedans, mot dent, mordant mordu et tordu dans mes cris mentaux, dans mon crime mental, creux creuse creusé dans la peau de mon cerveau, en pleine plaie terre, terreur et vertige de l’or, de l’or, de l’horreur de vie, de vivre comme les poux, comme l’époux de l’épouvante, en pleine mort vivante du mot, du monde mortel tel que la vie de ce monde vide et immonde nous l’inflige.

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