Kalam/Ghérasim Luca

Ghérasim Luca Ghérasim Luca

A l’état de mante et dans son beau corps de corbeau et de tatou, l’homme hume et allume un pâle tourment nid, nid infini.
Mille tatous tatouages, mille tatouages couvrent d’un beau manteau d’ours et de loup, d’un beau manteau de velours lourd, sa serre, sa cervelle frêle et sauvage, mille tatouages mentaux couvrent son cerveau de vautour :

l’étrange anneau d’une nourriture qui le noue et le mange, l’effroi du ‘ froid et du chaud qui le chasse et l’effrite, la poussière qui le pousse, qui le ronge, qui le hante, l’effort de tourner vite, nu, inné et dément, de tourner inutilement dans un trou qui le songe et partage, et puis il y a l’efficace qui l’épuisé et l’efface devant l’absurde et l’absence de toute essence paire, rixe instable, impaire, impérissable, de toute essence impérissable, sable mouvant, vent, or, or, rage nuancée, le muet et toi, et toi, toile étoilée, sourde-muette» boîte vide, boiteuse, filante, lente et rapide sur l’écran de mon crâne tatoué à l’haleine de ma mère tatouée et tuée à l’intérieur de mon dedans, mot dent, mordant mordu et tordu dans mes cris mentaux, dans mon crime mental, creux creuse creusé dans la peau de mon cerveau, en pleine plaie terre, terreur et vertige de l’or, de l’or, de l’horreur de vie, de vivre comme les poux, comme l’époux de l’épouvante, en pleine mort vivante du mot, du monde mortel tel que la vie de ce monde vide et immonde nous l’inflige.

Avec ses maux de tête, de traître, avec les maux, les mauvais coups qu’elle joue quelquefois au couple capital, la vie coupe une fois pour toutes, pour toujours, en petits maux, en petits mots, en tous petits morceaux le corps fondamental du couple, cette mante démente du moi sous-souple et total et en fer, enferme le beau, le beau corps, le beau corbeau fondamental mental du moi dans une cage métallique, lit métaphysique qui le rend fou, froid, prisme, prisonnier et mère, père périssable.

Mais les tatous qui sonnent, les tatous qui sont tous tâtés aux os par moi, les tatouages mentaux d’un zoo qui pousse dans mon anticerveau à moi, ce faux dément en rage contre les maux, contre les mobiles qui me séparent de mon toi, qui se parent de ma bile à moi, qui se partagent abus abusif abusivement le moi et le toi à moi, rampent, plissent et remplissent en moi la panse, la pensée dé déjà pensée et labile du toi et la remplacent par une pensée pensante, saillante, saignante, qui à son tour est repensée dans une sorte d’autopensée errante, erratique, erotique et vie viol violemment absente.

Ainsi l’an, l’anti, l’antinomie mythe et vie écrit vite sur l’épée son nom d’épave qui sait, qui roule, qui s’écroule dans la vie, car les deux terres, les deux termes de l’antinomie jouissent mais d’ici, dissimulant l’anti-anti, le trois, qui à son tour les simule en deçà ou d’ici, distançant ainsi encore plus la distance entre l’un, elle, elle et l’autre.

Elle lance et contourne un évanouissement contractile tactile, contradictoirement tourné vers l’autre, et contre-balance un épanouissement expansif autour d’un front à distance, rond, pensif, content, plat, actif et contemplatif.

Capturant l’essence du moi à ses vices, à ses viscères qui puisent tout, qui puisent toute leur haine, or, or et orme, toute leur énorme puissance d’un rêve mâché par l’écho d’une bouche errante mais puissamment atta-quée-attachée au cordon d’ombre ombilical comme une bille qui glisse dans un beau bocal vide ou sombre, la tour du moi tourne comme une bille, elle tourne tout doux douce doucement dans le tourbillon du ventre mental.

Et c’est à l’or du mot, hors, hors du monde dévot dévorant que la mante, c’est alors que la mante mord le corbeau dans son centre.

Avec émoi dans le cœur et la crainte solitaire de se taire à jamais derrière sa tête, le moi casse et anime le toi qui l’aimait et qui étale ainsi, étoile éteinte et lointaine, toute une astronomie animale sur l’étreinte.

Au nom de l’antinomie frénétique et exquise, l’anti-toi est un tatou schizophrène et unique.

alimenticrecords.com

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