Stomu Yamash’ta et les moines du Daitoku-ji

Stomsu Yamashita 山下 勉 est un musicien percussionniste, claviériste et compositeur japonais. Issu de la scène jazz américaine et ayant fait ses classes au Berklee College of Music de Boston, il pratique une retraite spirituelle ascétique depuis les années 70 en devenant adepte du prestigieux temple zen du Daitoku-ji 大徳寺, littéralement « temple de la grande vertu ».

C’est à partir de 1978, qu’il découvre la pierre sanukite, une roche magmatique veille de près de 13 millions d’années, par sa rencontre avec le physicien Hitoshi Maeda. De couleur grise, elle présente une texture microlitique, source d’une douce et cristalline résonance phonique : Dès que je touche ces pierres, cela provoque une résonance parfois qui m’échappe. Si vous voulez les contrôler, c’est la mauvaise attitude. J’ai fait ça au début, je devenais fou. Vous devez faire attention, car elles existent. J’ai changé totalement mon attitude, et maintenant je découvre tant. Ces pierres ont des fréquences très spéciales et infinies.

Il se produit aujourd’hui très rarement sur scène ; accompagné par une délégation de moines du Daitoku-ji, il pratique une musique liturgique expérimentale exclusivement portée par l’expression des concepts bouddhiques issue de la secte Rinzai, une des trois écoles historiques du bouddhiste zen japonais. Ces pratiquants, laïcs dans de nombreux pays, vivent la pratique d’un zen dirigé vers l’étude des Kōan (brèves anecdotes absurdes et paradoxales entre un maître et son disciple susceptible de produire le Satori) le travail physique et l’importante succession de périodes méditatives mêlant Zazen 座禅 (posture assise qu’aurait adoptée le Bouddha) et Kinhin 經行 (marche très lente succédant deux périodes de Zazen).

À Sanuki, aujourd’hui une des 88 étapes du pèlerinage de l’île Shikoku, les moines bouddhistes archaïques utilisaient les propriétés de cette pierre pour annoncer l’ouverture de leurs cérémonies. L’usage de ses pierres ayant complètement disparu de l’empreinte et du paysage sonore des temples de l’île, la cloche en bronze ; peut-être par sa portée acoustique plus importante, a peu à peu remplacé son usage par sa sonnerie. Aujourd’hui le percussionniste japonais Stomu Yamash’ta reste le seul musicien assermenté pour activer ses phonolites sacrées.

*Ce court extrait vidéo est issu d’une performance donné par Stomu Yamash’ta et 7 des moines du Daitoku-ji, filmée par le cinéaste libanais Jacques Debs pour son documentaire Walking on Sound. Intitulé Le chant des pierres, le concert fut capté à l’Église Saint-Eustache le 10 novembre 2009 à Paris.